La Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, telle que modifiée par la Loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution, postérieure à la Loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 80-008 du 18 juillet 1980, a remodelé les institutions politiques et redéfini leurs compétences respectives.
A la suite de cette Constitution, plusieurs lois sectorielles, connexes au foncier et à l'immobilier, ont été promulguées et appellent, pour des raisons de cohérence et d'efficacité, à une harmonisation avec la Loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 susmentionnée, telle que modifiée et complétée à ce jour. Tel est notamment le cas de la Loi n° 87-010 du 1er août 1987 portant Code de la famille, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 ; la Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 18/001 du 09 mars 2018 ; la Loi n° 011-2002 du 29 août 2002 portant Code forestier ; Loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 13/008 du 22 janvier 2013 ; la Loi organique n° 08/016du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces ; la Loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement ; la Loi n° 11/022 du 24 décembre 2011 portant principes fondamentaux relatifs à l'agriculture ; la Loi n° 14/003 du 1er février 2014 relative à la conservation de la nature ; la Loi n° 15/015 du 25 août 2015 fixant le statut des chefs coutumiers ; la Loi n° 15/026 du 31 décembre 2015 relative à l'eau ; la Loi n° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l'État, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 25-025 du 1er juillet 2025 ; la Loi organique n° 16-001 du 3 mai 2016 fixant l'organisation et le fonctionnement des services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées ; Loi n° 20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux technologies de l'information et de la communication, l'Ordonnance-loi n° 23-010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique et la Loi n° 25/045 du 1er juillet 2025 relative à l'aménagement du territoire.
En outre, la République Démocratique du Congo, à travers la Loi n° 10/002 du 1er février 2010, a adhéré au traité du 17 octobre 1993 relatif à l'harmonisation du droit des affaires en Afrique. Cette adhésion implique la conformité de notre ordre juridique au droit de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires « OHADA ». De même, certains autres traités et conventions internationales ayant incidence sur le foncier ont été signés et ratifiés par la République Démocratique du Congo.
Il y a, dès lors, un besoin de mise à jour de l'ensemble du dispositif légal régissant le foncier et l'immobilier.
Cependant, si l'épreuve du temps permet de se rendre compte de ses multiples Insuffisances et incomplétudes, il y a lieu de reconnaître en même temps la pertinence de nombreuses dispositions de la Loi n° 73-021 du 20 juillet 1973. C'est pourquoi, de nombreuses options levées en 1973 ont été maintenues, dans l'intérêt des générations présentes et à venir, telles que :
1. le principe de la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible du sol au profit de l'État ;
2. la détermination des droits réels reconnus dans le régime foncier et immobilier congolais ;
3. la distinction des terres du domaine public et celles du domaine privé de l'Etat;
4. l'attribution des droits de jouissance sur les terres du domaine privé, moyennant un contrat de concession foncière ;
5. l'attribution de la concession perpétuelle en faveur de seules personnes physiques de nationalité congolaise ;
6. l'attribution des concessions ordinaires à toutes les autres personnes physiques étrangères et congolaises ainsi qu'aux personnes morales ;
7. la subordination de l'attribution et du maintien d'un droit foncier à la conformité à l'obligation de mise en valeur de la terre ;
8. rétablissement des droits fonciers et immobiliers par le certificat d'enregistrement ;
9. la possibilité de renouvellement d'une concession ordinaire autant de fois que possible conformément à la loi et au contrat conclu avec l'Etat.
De ce qui précède, les principales innovations introduites par la présente Loi, et qui reflètent la vision, les objectifs et les axes stratégiques de la Politique foncière nationale sont :
1. l'interdiction de concéder les terres frontalières aux personnes physiques et morales étrangères ;
2. la détermination des règles qui régissent l'usufruit, l'usage et l'habitation ;
3. la suppression des redevances en nature pour une concession foncière ;
4. le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication en vue de renforcer la gestion de toutes les informations foncières, tant sur les terres urbaines que rurales et ainsi de sécuriser davantage les titres fonciers et immobiliers ;
5. la régulation des marchés fonciers par la création de la mercuriale, ainsi que l'élaboration des mécanismes de fixation et de publication de la valeur foncière et immobilière ;
6. l'affirmation du principe de la revue légale, en vue d'assurer la vérification de la conformité des occupations foncières et ainsi de lutter contre la thésaurisation des terres, accélérer le processus de leur régularisation ou annulation et planifier les nouvelles acquisitions ;
7. l'instauration de la tentative de conciliation préalable à la saisine du juge civil ;
8. la maîtrise de l'assiette foncière par le biais de la numérisation des données foncières, de la revue légale des concessions et occupations foncières ;
9. le renforcement du dispositif répressif applicable aux infractions en matière foncière et immobilière par l’augmentation du volume des peines d'emprisonnement et des amendes tout en consacrant des incriminations nouvelles ;
10. l'exigence de conformité aux normes d'aménagement du territoire, urbanistiques et à celles relatives aux sauvegardes sociales et environnementales dans les processus d'affectation des terres ;
11. la fixation des règles en matière d'élaboration et de mise en œuvre de la politique nationale en matière d'affectation et d'utilisation des terres ainsi que du plan foncier national ;
12. la précision de l'exigence de la régularité de l'établissement d'un certificat d'enregistrement pour faire pleine foi de la concession, des charges réelles et, éventuellement, des droits de propriété qui y sont constatés ;
13. le renforcement de la sécurité juridique des transactions foncières, aussi bien sur les terres urbaines que sur les terres rurales ;
14. la responsabilité civile et pénale du conservateur des titres immobiliers, du chef de Division du cadastre et des agents sous leur autorité pour toutes les fautes commises dans l'exercice de leurs fonctions ;
15. la garantie de l'accès équitable à la terre pour tous notamment pour des raisons de justice en matière foncière ;
16. l'instauration d'un dispositif détaillé des servitudes foncières ;
17. l'interdiction de la prescription en matière foncière et immobilière et la clarification du régime des biens sans maître ;
18. la rationalisation du régime des concessions et de l'enquête publique préalable ;
19. la réduction des superficies à concéder à titre gratuit ;
20. la clarification de différentes destinations des terres, tout en précisant celles auxquelles s'applique la Loi du 20 juillet 1973 telle que modifiée et complétée;
21. le renforcement du droit d'accès à la terre pour les femmes, les jeunes et les autres personnes vulnérables ;
22. la mise à jour des dénominations des entités administratives et territoriales, des autorités publiques ainsi que des agents publics, suivant la configuration juridique et institutionnelle actuelle.
Ainsi, la présente Loi comporte 9 articles :
- l'article 1er concerne les dispositions modifiées ;
- les articles 2 à 6 se rapportent aux nouvelles dispositions insérées ;
- l'article 7 porte sur les intitulés modifiés ;
- l'article 8 prévoit les dispositions abrogatoires ;
- l'article 9 est relatif à l'entrée en vigueur.
Telle est l'économie générale de la présente Loi. Loi
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté ;
Le Président de la République promulgue la Loi dont la teneur suit :